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  • Margaux Marbaise

Le sexe oral, vous l'aimez comment, vous?


Cunnilingus et fellation... Si ces deux mots ont une sonorité plutôt grandiloquente, que dire de leur pratique ? Doit-on, comme pour les prononcer, avoir recours à des techniques de diction (bouche en cul-de-poule pour le « cuuuu », lèvres étirées vers l’arrière pour le « niiiii », langue retroussée vers le palais et bien dure pour le « liiiin », ….) ? Existe-t-il un guide, une méthode pour faire grimper votre partenaire aux rideaux à coup sûr ?


En tant que sexologue, j’entends tous les jours mes patients me parler de leurs goûts, de ce qu’ils affectionnent particulièrement, de leur dégoût aussi ou des gestes à ne surtout pas avoir envers leur intimité. Le sexe oral titille les sens et les esprits, joue avec les corps et les cœurs, il intrigue, fascine ou repousse mais rarement il ne manque dans les récits.                                                                                                                                                                   

A vrai dire, il m’a fallu un certain temps pour savoir comment traiter le sujet tant les témoignages que je récolte sont riches et variés. Une chose est sûre : une bonne fellation, un bon cunnilingus, c’est très subjectif ! Vous le constaterez par vous-mêmes à travers cet article qui présente, au travers de témoignages, des vécus bien différents. Finalement, ça parait assez logique : Avez-vous déjà vu deux sexes identiques ? Pourquoi dès lors espérer une réponse identique ? A ces différences morphologiques s’ajoutent bien évidemment le ressenti personnel, l’histoire, l’éducation sexuelle, … Autant de facteurs qui me permettent de dire : A chaque sexe, sa recette!


Pour mieux comprendre, rien de tel qu’un exemple concretParlons tout d’abord de cunnilingus.


Mesdames, Messieurs, transformons pour quelques instants, si vous le permettez, votre langue en pinceau. Tel un peintre devant sa toile et fort de votre nouvel outil, il vous reste à apprendre les bases. L’ensemble des témoignages que j’ai pu récolter au fil du temps vont plutôt vers un goût porté pour l’art abstrait, les coups de pinceaux déposés avec instinct et imagination et sur l’ensemble de la toile plutôt que pour un pointillisme millimétré et focalisé sur un point précis. Autrement dit, Jackson Pollock a plus la cote que Georges Seurat.


La plupart de ces dames préfèreront un amant qui va embrasser leur intimité dans une forme de lâcher prise, à la fois douce et fougueuse, sans calcul, en utilisant le plat de la langue et en englobant dans leur caresse l’ensemble de leur sexe plutôt qu’une langue ferme et dure, insistant sur le clitoris. N’oublions pas que le clitoris reste particulièrement sensible et innervé, bien plus que son pendant masculin.


« J'aime que mon partenaire utilise toute sa bouche: lèvres et langue, avec une douceur ferme ou une douce fermeté. Une bouche qui s'ouvre sur tout le sexe. Même douceur ferme lorsqu'il utilise sa langue, plate, épaisse (et non uniquement la pointe qui effleure) qu'il promène partout. Les mouvements de la langue ne doivent pas trop souvent/rapidement varier en sens, en endroit ou en intensité sans non plus rester coincés à la même place. » Christine (62 ans)

« J’aime que mon partenaire embrasse mon sexe comme il embrasserait ma bouche, en alternant des baisers avec les lèvres et la langue et qu’il l’enroule autour de mes lèvres et de mon clitoris avec douceur. Ce dernier est très sensible. C’est limite douloureux si on se focalise dessus. Je préfère mille fois qu’on tourne autour, qu’on l’approche du plat de la langue, qu’on le caresse avec le rebord intérieur des lèvres. J’adore qu’on le caresse de manière indirecte, au travers des petites lèvres par le côté, ça permet vraiment à mon plaisir de monter plus vite car si la langue de mon partenaire est trop dure et dirigée sur mon clitoris, je me crispe. » Marion (31 ans)


Seulement voilà, je récolte également bon nombre de témoignages de femmes me disant qu’elles ont au contraire besoin d’une stimulation très localisée et insistant sur leur clitoris uniquement.


« J’aime que l’homme me démontre préalablement qu’il sait y faire, qu’il gère bien l’affaire. Un homme qui décide et dirige en quelque sorte. Horreur du type qui va tout doucettement en me câlinant de baisers tendres et doux. Pour moi le cunni n’est pas une histoire langoureuse. C’est plutôt vif et sauvage. J’aime une langue décidée et pointue. Rien de pire pour moi qu’une limace molle qui me parcourt le clito. Et parlons du clito : pour ma part, inutile de s’affairer ailleurs avec sa langue. J’aime qu’il se concentre juste sur ce point (…).  Le plus important à mes yeux étant l’attitude décidée de l’homme, le focus sur le clito et la langue « ferme » Marielle (36 ans)

« Hormis mon clitoris, le reste de mon sexe n’est absolument pas sensible. Aucun besoin pour moi de s’attarder ailleurs, ça a tendance à faire retomber mon excitation, encore plus quand j’approche de l’orgasme » Céline (25 ans)


Pas de constante donc, seulement des tendances qui se dessinent. De même, certaines ont besoin de rester très contractées et immobiles alors que d’autres ont besoin de bouger avec souplesse, en utilisant leur bassin. Certaines ont besoin qu’on alterne les caresses alors que d’autres ont une préférence pour la répétition. Certaines ont besoin d’un doigt qui joue à l’intérieur du vagin alors que d’autres trouvent la sensation distrayante et préfèrent être dans leur ressenti externe.


« C'est un plus pour moi lorsque le cunnilingus s'accompagne de la pénétration d'un doigt ou d'un jouet. » Christine (62 ans)

 « Idéalement, on aime qu’il y ait une association de langue et de doigts. Ce qui n’est pas du tout spontané, fréquent.» Marie et Céline (35 ans)

« Pour moi, c’est un vrai gâchis si mon partenaire introduit ses doigts pendant un cunni. Je sais qu’il veut bien faire, mais ça me coupe totalement de mes sensations externes, la pénétration prenant trop le dessus. » Amandine (32 ans)

« J’ai besoin de bouger beaucoup pour obtenir un orgasme lors d’un cunnilingus. Plus jeune, je restais immobile : impossible de jouir ! Plus tard, en m’acceptant davantage, j’ai osé onduler mon corps, diffuser mon plaisir à tout mon sexe en utilisant la langue experte de mon partenaire et bingo ! » Marion (31 ans)


Vous vous posez très certainement la question : Devant tant de disparités, comment dès lors s’y retrouver et être sur de bien réussir votre cunnilingus ? Voici quelques conseils :

  • Comme chez l’homme, l’excitation de la femme croît dans le temps. Cette montée de l’excitation a plusieurs effets sur le corps de votre partenaire : pouls qui s’accélère, tension artérielle en hausse, tendance à vouloir bouger davantage, contractions musculaires, rougeurs de la peau, … Quand on sait ça, être attentif aux réactions de votre moitié est d’une grande aide. Par exemple, une femme qui a tendance à se contracter et à vouloir refermer les jambes dès le début de l’acte subit très certainement une caresse trop forte ou trop localisée. N’hésitez pas à adopter plus de douceur, à utiliser le plat de la langue plutôt que la pointe, à jouer autour du clitoris plutôt que directement dessus, à veiller à ne pas le déloger de son capuchon en évitant les caresses de bas en haut, à adopter des mouvements de langue plus rotatifs, à utiliser le bord interne de vos lèvres, … Vous pourrez revenir plus tard, quand son corps sera prêt, à une caresse plus directe.

  • La notion de temps est une constante importante. Une femme met généralement plus de temps qu’un homme à voir son excitation monter. De plus, l’excitation chez la femme est plutôt en « vagues », c’est-à-dire qu’elle peut monter presque jusqu’à l’orgasme puis redescendre pour remonter ensuite jusqu’à son point culminant. Plus l’excitation monte, plus la lubrification est importante et plus le sexe sera prêt pour des caresses appuyées. Des caresses trop douces quand on est proche de l’orgasme peuvent ralentir sa venue. Apprenez à jouer avec l’intensité, avec l’alternance des sensations pour accompagner ces vagues.

  • Une femme contractée au début d’un rapport, c’est donc plutôt mauvais signe. Par contre, une femme très tendue par la suite, qui ferme davantage les yeux et qui cherche à bouger, surtout le bassin, c’est plutôt de bon augure ! Peut-être l’orgasme n’est-il pas loin. Si vous percevez tout cela chez votre partenaire, ainsi qu’une respiration qui s’accélère, tentez de rester constant dans votre caresse. C’est le seul moment où l’intensité ne doit plus décroitre.

  • Je ne le dirai jamais assez : communiquez ! Comme je le disais plus haut, à chaque sexe, sa caresse ! Faisons preuve d’un peu d’humilité et osons poser des questions. C’est ça aussi,être un bon amant.

  • Prenez du plaisir ! Ce point fait l’unanimité : les femmes ont besoin de ressentir votre désir pour elles et au travers de votre caresse pour se laisser aller. Beaucoup encore, malheureusement, se sentent « sales » ou pensent qu’elles prennent trop de temps à jouir et du coup, empêchent la montée de leur plaisir. Or, un amant qui n’a pas peur de montrer qu’il prend son pied en pratiquant un cunnilingus, ça n’a pas de prix et ça aide grandement à dépasser ces petites gênes.

« Le plus important: ressentir le plaisir de mon partenaire, sentir qu'il le fait parce qu'il aime et non parce qu'il "croit" qu'il "doit" le faire ou qu'il "attend" que vienne l'orgasme de sa partenaire. Il n'y a rien de pire que cela. » Christine (62 ans)

« Si j’ai déjà eu des orgasmes comme ça, c’est que j’ai une réelle intimité avec la personne et que j’ai une  sexualité plus accomplie avec la personne. » Céline (35 ans)

« Quand mon partenaire embrasse fougueusement mon sexe, sans calcul ni retenue et que je sens qu’il y prend réellement du plaisir, c’est 90% du chemin parcouru jusqu’à l’orgasme. Si en plus, je sens qu’il a envie de faire durer, qu’il est à l’écoute et que j’ai tout mon temps, c’est 99%. Les 1% restant, c’est la technique. » Marion (31 ans)


Passons maintenant à la fellation. Il serait dommage de penser que même si l’atteinte du plaisir est généralement plus rapide et aisé pour ces messieurs, leur pénis mérite moins d’attentions. De même que pour les femmes, chaque homme répond de manière différente aux caresses buccales. Certains ont un frein plus court et plus sensible, d’autres ont besoin de mouvements plus appuyés, certains trouveront dommage de les masturber en même temps alors que d’autres en auront absolument besoin pour parvenir à l’orgasme.


Cassons tout de suite un stéréotype : même si cela peut être excitant, la plupart des hommes n’attendent pas de leur partenaire une pipe de type « actrice porno » ou autrement dit, de se faire gober sauvagement l’entrejambe à une cadence effrénée. Ça peut être plaisant, certes, mais beaucoup apprécient plus d’égards et de douceur.


« Une "fellation parfaite" serait une qui ne commence pas par le vif du sujet, mais plutôt un jeu jusqu'à mon pénis, une découverte (…) Je m'explique : une bonne fellation commence sur les lèvres et doit faire monter ce désir de recevoir. Au même titre qu'on ne conduit pas l'avion lorsqu'on le prend, c'est aussi se laisser guider. » Jean (31 ans)

« Ce que j’aime le plus dans une fellation, c’est le jeu. C’est quand ma partenaire caresse mon sexe très doucement avec ses lèvres, de la base jusqu’au gland, puis joue avec sa langue. J’aime ressentir l’impatience d’avoir sa bouche autour de mon gland et que ce moment s’éternise. Parfois, j’arrive à l’orgasme juste par ces jeux et c’est divin. L’attitude « actrice porno », ce n’est pas du tout excitant pour moi ». Pierre (35 ans)


De même que pour le cunnilingus, être attentif aux réactions du partenaire est important. La courbe de l’excitation chez l’homme est généralement plus linéaire que chez la femme mais les signes de la montée de cette dernière sont assez similaires. Outre évidemment l’apparition de l’érection, quand l’excitation monte, les hommes vont aussi voir leur pouls s’accélérer, leur tension artérielle monter, leur tonus musculaire être plus important, … A l’approche de l’orgasme, le plancher pelvien se contracte, les testicules « remontent » et forment un bloc plus compact avec le pénis qui devient plus dur. Soyez donc attentif à tous ces signes ! N’oublions pas que certains hommes aiment faire durer le plaisir. Si vous repérez ces signes avant coureurs et que vous souhaitez prolonger le plaisir, n’hésitez pas à ralentir la cadence. Sachez également qu’en vous rapprochant plusieurs fois de l’orgasme sans l’atteindre, vous pouvez le décupler lorsqu’il viendra ! (Voir article précédent sur la technique de l’edging)


« Je n’aime pas parvenir trop rapidement à l’orgasme. J’aime que le rapport dure plus longtemps. Lors de la pénétration, je suis davantage aux commandes. Mais lors d’une fellation, je suis à la merci de ma partenaire et de sa volonté. Ça a un côté très excitant mais si elle prend son temps et m’amène doucement vers l’orgasme, j’en profite plus longtemps et c’est encore meilleur » Pierre (35 ans)


La région du gland, du frein et de la couronne sont particulièrement sensibles et répondent très bien aux coups de langue et au passage des lèvres. Beaucoup d’hommes aiment qu’on insiste sur cette zone. Néanmoins, comme pour les femmes à nouveau, tout le sexe est capable de vibrer avec plus ou moins d’intensité. N’oubliez pas la hampe du pénis, les testicules et même la région de périnée, qui répond à la pression.


Attention également aux maladresses ! Le passage des dents sur la couronne peut être douloureux, de même qu’une mauvaise lubrification du pénis par la salive durant l’acte. Je pense particulièrement aux hommes circoncis. Certes le gland est moins sensible car habitué aux frottements mais pour que le mouvement de va-et-vient soit plus fluide et agréable pour votre partenaire, n’hésitez pas à utiliser votre salive, surtout si vous le masturbez en même temps.


« Mesdames, attention à vos dents ! J’ai déjà eu des expériences très désagréables, une fois jusqu’au saignement ! » Frédéric (25 ans)

« Une bonne fellation, c est plutôt des trucs à ne pas faire. Les dents ça fait mal. S’il y a masturbation en même temps il faut impérativement lubrifier si cela dure sinon on a des effets de frottements qui blessent. Je suis circoncis et donc moins sensible du gland donc s attarder sur un point non sensible n à pas d intérêt. » Claude (44 ans)


Enfin, comme pour les femmes, les hommes aiment sentir le plaisir que prend la partenaire qui leur prodigue la fellation. En matière de sexualité, il vaut toujours mieux s’abstenir que de faire quelque chose qu’on n’a pas vraiment envie de faire : Cela se ressent ! Mais si vous aimez pratiquez la fellation, n’hésitez pas à le communiquer à votre moitié ! Il apprécie que vous lui montriez votre excitation, les jeux de regard, les gémissements, etc.


Vous l’aurez compris, en matière de sexe oral, aucun guide, aucune recette miracle n’a d’égal face au partage et à la communication. On appartient qu’à soi-même et souvent, à trop vouloir bien faire, on oublie d’être humble face au corps de l’autre, que nous ne pouvons pas connaitre sans cela.


Accepter que nous ne sommes pas tout puissant en ce qui concerne le plaisir de l’autre, que ce n’est pas à nous de lui montrer la voie, de lui imposer une manière d’avoir du plaisir, c’est lui donner la liberté de vivre pleinement sa sexualité, c’est lui donner la clé de l’épanouissement. Quel plus beau cadeau que cela ?


Osez parler, poser des questions, agir avec instinct, vivre votre sexualité avec vos tripes plutôt qu’avec votre tête. Osez vous mettre à nu, montrer votre plaisir, votre désir, tester, encore et encore. Et même quand vous pensez avoir trouver « la » recette, réinventez !


N'hésitez pas à me contacter pour d'autres informations!


Margaux



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©2020 par Margaux Marbaise - Sexologue et thérapeute de couple.